La SCEP ou Société Communautaire des Effeuilleurs Parisiens

Salut les Pulpies,

J’avais envie de vous faire part d’un coup de coeur. J’ai récemment assisté au spectacle burlesque de La Scep. Comprenez la Société Communautaire des Effeuilleurs Parisiens. Vous avez bien lu mesdames, j’ai bien dit EFFEUILLEURS car en effet c’est une troupe de boylesque que je vous invite à découvrir !

PORTRAIT

Collectif crée en janvier 2017 par une bande de potes, rencontrés pour la plupart sur le Rocky Horror Picture Show, ils se sont retrouvés ensuite sur le projet du collectif La Flaque (collectif d’artistes burlesques et cabarets).

La Scep est née de l’idée de créer le pendant masculin de La Flaque, une troupe de boylesque donc mais pas que. Elle se compose de six artistes et d’un stage tiger.

Vicomte Harbourg a commencé le burlesque avec La Flaque. Avec 28 ans de danse classique dans les pattes, il s’en inspire beaucoup pour créer ses premiers numéros tout en explorant l’art scénique et le chant.

Son nom de scène est un mix entre un hommage aux liaisons dangereuses (Vicomte), et un jeu de mots pour casser le côté aristocrate (Harbourg). Ses premiers numéros étaient d’ailleurs tous des caricatures d’aristocrates.

Eden Weiss, a commencé à l’école des filles de joie de Juliette Dragon, puis elle rencontra ses acolytes au Rocky Horror. Elle fut l’un des membres fondateur de La Flaque en 2017.

Danseuse avant tout, elle propose des numéros très chorégraphiés, forts et engagés comme “Le silence des femmes” qui finit le spectacle en beauté.

Son nom, hommage à son personnage au sein du Rocky Horror (Edelweiss), affiche aussi la volonté de casser son image de blonde lisse. L’Edelweiss symbolise l’innocence alors qu’Eden est souvent trash.

Ella Stix est une Drag Queen qui débutait à peine en La Flaque. Chanteuse et danseuse, elle propose des numéros poétiques et/ou sensuels. Mon préféré est indéniablement “Claudel et sa muse” interprété avec Vicomte Harbourg. L’espace d’une chanson, ce duo fort et tendre, incarne avec brio ce couple de sculpteurs mythiques! Bluffant!

Voulant personnifier une femme forte et dominante, son nom de scène évoque le son d’un fouet “Stix”! Il s’inspire aussi de Stix dans la mythologie grecque, qui est mystérieux et noir, tout comme elle.

Azuka Eilhart devint une drag queen il y a un an et demi, débutant ainsi le burlesque. Peut-être la connaissiez vous en tant qu’Antonio Bandsaras, qui fut son premier pseudo. Forte de 10 ans de théâtre, notamment de l’impro, Azuka nous régale de sa gouaille en présentant le spectacle de la Scep en duo avec Vicomte. Ses numéros sont tantôt drôles, tantôt engagés et parfois emprunts d’une pointe de maladresse qui la rend très attachante.

Pour son nom de scène elle s’est inspiré notamment du manga “Evangelion” (Asuka).

Tragic Mike a débuté avec La Flaque par accident. Il vivait en colocation avec la fondatrice, Pamela en Personne, qui l’a enrôlée malgré lui lors des répétitions dans leur appartement. Après avoir goûté à la scène, il a choppé le virus. Son premier nom de scène s’inspirait de son premier numéro où il incarnait un chippendale sous coke. Il est resté sur cette idée en choisissant Tragic Mike (inspiré du film “Magic Mike”). Il est particulièrement touchant dans son numéro “Homme des années 2020” qui parle de souffrance et de solitude.

Sans Titre a débuté en intégrant La Flaque, lui aussi par hasard, étant le compagnon de Pamela. Avec 10 ans de théâtre, du mime, de la magie, de la comédie musicale, du chant et 4 ans de danse contemporaine, ce n’était pas un débutant! Il m’a beaucoup fait rire dans son duo avec Azuka dans “La reprogrammation”.

Pas à l’aise avec son premier pseudo (Jiminy Braguette), il s’inspire finalement des toiles “Sans titre” que les artistes peintre n’arrivent pas à nommer.

INTERVIEW

Avec la Scep vous annoncez la couleur : Société Communautaire des Effeuilleurs Parisiens, et pourtant il se trouve parmi vous une fille! Pourquoi?

Le thème principal de la Scep est la masculinité. Qu’est ce que ça signifie d’être un homme? On traite de la question dangereuse de définition des genres. Il n’y a pas de bonne réponse à ces questions, c’est pourquoi il nous semblait important de ne pas avoir que des hommes dans la troupe. La question de définition des genres est toxique!

On se définit au contact des autres finalement. Donc définir le masculin seulement avec des hommes n’est pas le meilleur choix. D’ailleurs dans le spectacle, les rôles féminins s’émancipent au fur et à mesure. Elles se rebelles et font leur chemin aussi dans la réflexion.

On commence à bien connaître le burlesques chez Pulp et on était habitué à voir des chatons de scène (Stage Kitten) comme régisseur. Avec vous, on a découvert un nouveau terme : le Stage Tiger?

C’est moi qui ai inventé ce nom (Vicomte) à l’époque de La Flaque où j’ai moi-même été chaton de scène. Je voulais quelque chose de plus masculin.

C’est assez original ce concept de troupe Boylesque ! En connaissez-vous d’autres en France ou à l’étranger ? Sont ils une inspiration ?

En France il y a une troupe à Toulouse. Ensuite c’est à l’étranger que l’on trouve la troupe Tchèque “Rooster Cabaret” qui fait plus du cabaret que burlesque. Et “The house of Yes” à New York, là encore plus cabaret avec un penchant très queer. Leurs spectacles ne sont pas du tout construits comme les nôtres mais ils restent une forte source d’inspiration pour nous.

Le spectacle existe depuis 1 an et demi. Vous jouez tous les 3ème vendredis du mois à guichet fermé au Café de Paris qui peut accueillir 100 personnes! C’est une belle performance. Le spectacle ne cesse d’évoluer depuis sa première mouture, vous en êtes à combien de versions différentes?

C’est la 3ème version du spectacle. En général une version se joue pendant une demi saison. L’idée c’est, tout en gardant une mouture reconnaissable, d’avoir un spectacle évolutif car le message étant très fort, on veut pouvoir toucher un nouveau public chaque soir et satisfaire en même temps les fidèles qui reviennent et qui, donc, voient de nouvelles choses.

Et si demain un producteur de Las Vegas vient vous proposer une résidence de 6 mois, vous partez?

Oui bien sûr! Avoir un spectacle résident permet de toucher plus de monde avec des numéros qu’ils aiment et qui leurs parle. Le but de la SCEP est de convaincre un maximum de monde à notre message.

Vous êtes donc une bande de potes qui bossent ensemble. Comment s’est fait la répartition des rôles ? Y a t’il un leader ?

Pas vraiment. Les décisions sont collectives et les spectacles sont le résultat d’un travail collectif tout en laissant à chacun le choix libre des numéros individuel. Etre amis reste un avantage dans la réflexion de ce qui est proposé sur scène ! Chacun connaît le thème et donc propose des enchaînements, des numéros collectifs.

J’ai malgré tout un rôle un peu central (Vicomte), même si tous sont investis. Je joue le rôle de coordinateur car j’aime bien écrire des textes. Mais sur cette version 3 la confiance est telle que les numéros des uns et des autres n’ont pas eu besoin d’approbation préalable.

D’ailleurs sur scène les rôles changent! Au début Vicomte et Azuka présentent mais ensuite d’autres prennent le relais par moment. Comment cela s’est décidé?

C’est une nouvelle formule! Ce n’était pas comme ça sur le premier spectacle mais avec le temps, certain on eut envie d’évoluer dans leur rôle et d’essayer le MC.

Une dernière question. J’ai remarqué qu’il y a énormément de références à la pop culture dans le spectacle. Est-ce générationnel ou un effet de mode?

Il y a différentes générations parmi nous et le spectacle se veut populaire avant tout. On est pas là pour donner des leçons de culture à la Telerama. On veut être accessible à tous, que les gens ne soient pas focalisés sur le message mais qu’ils passent avant tout un bon moment. C’est aussi pour cela que le spectacle est un savant équilibre de différentes émotions, il y a du rire, de la tendresse, de la dureté aussi. La pop culture aide beaucoup dans ce déroulement car elle est universelle et connu.

Voilà les pulpies, je vous invite à courir découvrir le spectacle de La Scep qui jouera cette version une dernière fois le 31 janvier au Café de Paris. Une nouvelle mouture sera à découvrir le mois prochain…

Paillettes et tourbillons de Nippies,

Scarlet Ruby Storm

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