Anti-héros, critique de la société, le jumeau maléfique de Félix, j’ai nommé Fritz.
Créé en 1959 par Robert Crumb, avec son frère Charles, pour des petits almanachs familiaux, Fritz the Cat devient un personnage de BD à part entière en 1965. Lorsque sa première aventure paraît dans le Comic book Help du célèbre Harvey Kurtzman, le créateur de Mad Magazine, avec la mention « comix » (le « x » est venu remplacer le « c » pour affirmer son contenu pour adultes.).
Pour la première fois, une bande dessinée animalière dans la tradition de Mickey, Donald ou son contraire Félix, montre un héros qui exerce sans entrave une activité sexuelle, exprime ses idées politiques et consomme des substances illicites. Crumb nous fait le récit des pérégrinations fantasques d’un chat paillard, obsédé sexuel et paresseux. Anti-héros par excellence, Fritz enfile tous les costumes et joue tous les rôles : étudiant glandeur, espion foireux, faux intellectuel sans esprit, père irresponsable… Le chat ment, se faufile pour mieux happer ses proies, toutes féminines.
Sa technique, Robert Crumb se sert de son expérience et celles de ses contemporains. Ce chat est un grotesque séducteur, fanfaron, médiocre interprète de son propre rôle, sa philosophie de deux sous ne parvient pas à sauver les apparences. Il est tour à tour sérieux, rêveur, romantique, faux dur, penseur de pacotille, révolutionnaire raté, il n’a qu’un but : séduire et forniquer.
En 1972, le réalisateur Ralph Bakshi, décide d’en faire le héros d’un dessin animé classé X. Une hérésie, une trahison pour le père de Fritz. Il sort donc un dernier opus où fritz meurt sous les coups de pic à glace d’une conquête Autruche sans avoir pu profiter de son charme irrésistible !
Il en ressort de cette perle de la Bd underground, que derrière l’image d’un chat si médiocre qu’il en devient attachant, se dessine en fait une critique sans illusion, aigre et détachée, de toute une génération et une société …
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Malgré son style atypique de peintre naïf, haut en couleurs, chatoyant et fleuri, sa vie sera une suite de souffrances transcendées par la peinture et l’amour qu’elle porte à Diego Rivera. Autre drame de sa vie, Frida ne pouvant pas avoir d’enfants, donnera son amour maternel aux animaux. Dans sa maison bleue à Mexico, elle vivait en permanence entourée d’une vraie ménagerie.
Le pic de souffrance arrive en août 1953, on lui ampute sa jambe droite gangrénée. Cette opération apaise ses douleurs mais la plonge dans une profonde dépression, elle écrira dans son journal : « On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. ».
Désormais il nous reste, lorsque l’on pense à Frida, sa silhouette dissimulée sous de longs jupons, dont le but premier était de dissimuler sa jambe atrophiée puis sa prothèse, et son visage scindé de fleurs. Avec une volonté certaine, Frida déclarait « Je peins des fleurs afin qu’elles ne meurent jamais. » Dans la vie, Frida portait aussi des fleurs dans ses cheveux, perchées comme une couronne sur sa natte, et elle cultivait un jardin rempli de roses, tournesols et cactus. Frida, en vraie femme-fleur, avait aussi ses « épines », aussi bien physiques que psychiques, et dans ses autoportraits, elle se représentait parfois portant un collier d’épines.