Maryse Bastié : une vie de records et de combats

Bonjour à tous !

Soyez honnêtes : vous avez certainement déjà croisé, au hasard d’une rue, le nom d’un illustre personnage qui vous était parfaitement inconnu. N’ayez pas honte ! C’est ce qui m’est arrivé voici quelques années quand j’ai dû me rendre rue Maryse Bastié à l’Isle d’Espagnac, près d’Angoulême.

Mais qui était donc Maryse Bastié, me direz-vous ?

Elle est née Marie-Louise Bombec le 27 février 1898 à Limoges, dans une maison de la rue qui porte désormais son nom. Et si de nombreux établissements scolaires, bâtiments publics et rues lui sont aujourd’hui consacrés, elle semble malgré tout, comme Hélène Boucher, être une figure féminine et féministe quelque peu oubliée.

Aviatrice et sportive, elle connut une grande médiatisation en raison des nombreux records qu’elle a inscrits à son palmarès, dans cet univers principalement peuplé de figures masculines. Et pourtant…

Toute jeune, à l’âge de onze ans, elle perd son père. Et Marie-Louise est une enfant difficile. À l’adolescence et pour subvenir aux besoins de sa famille en proie aux difficultés financières, elle travaille comme ouvrière/piqueuse sur cuir dans une usine de fabrication de chaussures. L’usine ferme en 1914 : Maryse se reconvertit alors en tant que couturière dans une fabrique de blouses militaires. Nous sommes donc bien loin donc de l’aviation civile et militaire.

Elle ne découvre réellement l’aviation qu’en 1917 et elle épouse en secondes noces le lieutenant-pilote Louis Bastié, en 1922. Louis est nommé instructeur à Bordeaux en 1925 et Maryse Bastié obtient son brevet de pilote le 29 septembre 1925, sur ce qui deviendra par la suite l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Seulement une semaine après l’obtention de ce brevet, pour attirer l’attention d’un éventuel employeur mais aussi pour montrer ses aptitudes, elle réalise un premier exploit en passant sous les câbles du pont–transbordeur de Bordeaux, aux commandes d’un frêle Caudron G.3. Et le 13 novembre suivant, elle relie Bordeaux à Paris en six étapes. Il s’agit alors de son premier voyage aérien.

le Caudron G3

Le lieutenant-pilote Louis Bastié meurt l’année suivante dans un accident d’avion. Mais fidèle à sa passion, notre protagoniste ouvre une école de pilotage et devient monitrice. Une aventure qui ne durera cependant que six mois.

Nous la retrouvons installée à Paris en 1928 : monitrice de pilotage à l’école Pilain d’Orly, elle donne des baptêmes de l’air et réalise des publicités aériennes. Elle peut alors acheter son premier avion, un Caudron C109, mais manque encore de ressources financières pour le faire voler. Elle trouve en Maurice Drouhin, pilote d’essai, un mécène qui va lui permettre de financer sa passion : le 13 juillet 1928, il lui offre le poste de premier pilote. Ensemble, ils effectuent un vol direct Paris – Treptow-sur-Riga, en Poméranie, battant ainsi le record de distance pour avions légers biplaces.

le Caudron C109

La même année, Maryse Bastié est la première femme à obtenir, en France, la licence de transport public aérien.

En 1929, elle établit un nouveau record de France féminin de durée de vol, de 10 h 30, et un record international féminin de durée avec 26 h 44. Mais celui-ci lui est repris l’année suivante. Bien décidée à conserver ce titre, elle décollera le soir du 2 septembre 1930 et se posera le surlendemain après 37h55 de vol, en ayant lutté contre la fatigue et le froid.

Le 1er avril 1930 elle se rend en Allemagne prendre livraison de son KLEMM 25 F-ARMB qu’elle baptise « Trottinette » !

Toujours en quête de défis, elle s’attribue un record de distance en parcourant les 2976 km entre Paris et Uhring en U.R.S.S., ce qui lui vaut la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur et le Harmon Trophy.

En 1934, son engagement prend un tour plus politique et militant : elle s’engage aux côtés d’Hélène Boucher et d’Adrienne Rolland dans le combat pour le vote des françaises.

L’année 1935 voit la création de l’école « Maryse Bastié Aviation » à Orly et l’année suivante, elle établit le record du monde féminin de vitesse en traversant l’Atlantique-Sud de Dakar à Natal en douze heures et cinq minutes.

Je vous donne rendez-vous dimanche prochain pour la seconde partie de cet article. D’ici là, je vous souhaite de passer une bonne semaine !

Fred

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