J’ai vu, j’ai vaincu, j’en suis revenue

2021, je lâche tout !

Alors cet article sera-t-il publié car très (trop?) personnel et long en plus (Pfff!).

Mais il est peut-être temps de vous expliquer pourquoi je suis passée à cet extrême opposé, de la lumière à l’ombre.

Loin de moi l’idée de généraliser, ni d’affirmer que ma vérité sera la vôtre mais je vais vous parler de mon expérience.

Ne pas tomber dans l’extrémisme sous peine de devenir la Zemmour du rétro ou dans la familiarité à la Mrs Maisel même si cette dernière me caractérise beaucoup plus, oui, je dis beaucoup de gros mots.

Mais après tout, je suis déjà connu pour titiller les préjugés ou parler de Playmate sur ce groupe donc, vous êtes habitué.e.s.

Alors moi c’est Angéline, 36 ans, 3 chats et je suis une ex.

Oui une ex. Ex relookeuse rétro, ex pin’up, ex Miss Pin’Up, ex déléguée du comité Miss Pin’Up, ex photographe du comité, ex rédactrice d’un magazine pin’up… Une divorcée du rétro.

Rassurez-vous, nous nous sommes séparés en bon terme, je suis contente d’avoir de ses nouvelles mais ce n’est pas pour autant que je passerais mes vacances avec !

C’est donc avec une petite expérience et surtout beaucoup de recul que je vous parle de cette phase de ma vie.

Un peu comme on raconterait la période ingrate de son adolescence. Mais sans l’acné.

Je suis arrivée au beau milieu de ce fameux monde par hasard.

Avant tout, passionnée par l’histoire sous toutes ces coutures, j’ai acheté cette robe Hell Bunny comme on paierait une carte de membre pour rentrer dans un club sans le savoir, mais elle m’allait bien cette robe !

Sur les réseaux sociaux, je découvre que je ne suis pas seule à aimer les coupes Banned et l’atmosphère des années 50. Alors ma période préférée c’est les années 1910 mais c’est plus difficile à porter cent ans plus tard et finalement on m’a dit deux fois dans ma vie que je ressemblais à Dita quand je suis brune, donc ça passe !

Après tout, l’appellation Pin’Up, j’aime bien. Je fais mes premiers pas de « modèle », mes premières amitiés, je me sens à ma place, heureuse.

Mais les choses se sont gâtées plus tard quand j’ai élargi mon horizon en devenant maquilleuse sur un stand de relooking pin’up.

Un truc sérieux, avec une équipe de Paris, je suis la petite provinciale qui monte, qui monte… Je suis fière comme un paon !

C’est donc ça, la reconnaissance nationale ? Mais qu’est devenu mon joli petit monde merveilleux et hors du temps? Me voilà dans un microcosme d’apparence et d’hypocrisie…

Car oui le rétro n’est ni plus ni moins qu’un petit monde dans un grand univers. Et dans ce petit monde, se retrouve beaucoup de personnes qui n’ont pas réussi à briller dans le monde réel.

C’est mathématique, si on ne peut pas devenir « quelqu’un » dans la vie, il y a de plus grandes chances que l’on se fasse un nom dans une petite communauté.

Vous avez donc probablement déjà été confronté à ceux qui s’auto-proclament « la plus belle pin’up », « le roi de la fripe », « la meilleure boutique pin’up », « le meilleur photographe argentique de France », « le Dj électro-swing numero un », « le magazine retro de référence »…

Ah, vous connaissez ! Mais si dans ce petit monde glorieux il est plus facile de s’octroyer un titre, il est aussi plus aisé d’attirer les convoitises ou déclencher des guerres.

Dans ce microcosme où il est plus facile de briller ou du moins d’en rêver, je me suis brûlée.

Alors vous pensez que j’exagère, c’est peut-être le cas. Mais si je fais le bilan, en une décénnie, j’ai été insultée, harcelée, exploitée, dénigrée.

Et vous voulez rire ? Ca m’arrive encore parfois, sans que je ne demande rien « paf » on parle de moi.

Même si je pensais m’être totalement débarrassée après plusieurs douches des éclaboussures, c’est un peu comme l’herpès, ça revient !

Qu’ai-je fait ?

Et bien j’ai posé 5 ou 6 fois, j’ai maquillé des clientes dans des conditions de travail parfois à la limite du soutenable, j’ai remporté une écharpe (non pas une couronne heureusement!), et j’ai fait des photos, beaucoup, beaucoup de photos.

Ah oui et puis parfois je me suis rebellée. En fait c’est peut-être ça le problème.

Effectivement, quand on m’a traitée comme un chien, j’ai lâché mon équipe, quand on m’a harcelée, j’ai porté plainte, quand on m’a insultée, je me suis défendue, quand on m’a dénigrée, j’ai prouvé qu’ils avaient tort.

Cela en valait-il le coup ?

Et bien, sur le moment, j’ai chialé comme une gamine car je perdais mes privilèges d' »étoile montante » dans ce petit monde, mais dans la vraie vie, j’en suis plutôt fière.

Je ne suis plus modèle, je n’aime pas mon image et être confrontée à de nouveaux complexes sur papier glacé ne me réjouit plus vraiment.

Je ne suis plus maquilleuse, me casser le dos pour gonfler l’ego d’un photographe n’est plus necessaire quand on gagne sa vie dignement.

Je ne suis plus Miss, mais l’ai-je vraiment été un jour ? Vous vous en souvenez vous?

En même temps j’étais une piètre ambassadrice. C’est bien simple sur la photo de groupe je suis toujours celle qui se goinfre au buffet derrière.

Mais j’ai un peu perduré comme déléguée du comité Miss Pin’Up, parce que j’étais (un peu) moins exposée aux éclaboussures et bien sûr comme photographe pour ce même comité.

Comment je suis devenue photographe ? Et bien souvenez-vous, je voulais juste prouver à certains qu’ils avaient tort.

Croyez-moi, j’ai vraiment pris ma fonction de déléguée au sérieux ! J’ai d’ailleurs battu un record de longévité au sein du comité. Et c’était chouette ! Exténuant, mais chouette.

Bon j’ai eu parfois l’impression d’être une institutrice en dernière année de maternelle mais je l’ai vu comme l’opportunité de profiter des jolies tenues sans avoir à les porter. Oui les jupons me grattent le… Bref.

Je n’avais plus à subir une équipe ! Je pensais même pouvoir souffler un vent de plénitude sur ce groupe de femmes se lançant dans une aventure légère et atypique…

En fait ça a été l’inverse, je me prenais des bouffées de stress et de négativité.

J’avoue que ce genre d’ambiance extrêmement déplaisante je le ressentais moins sur une élection nationale mais alors en régionale… A croire que cette écharpe promet la vie éternelle.

Vous le voyez mon petit rictus nerveux quand j’entends en réponse à la question « Quelle est la qualité première d’une pin’up » : LA BIENVEILLANCE !

Beuargh !!! Pardon j’ai vomi mes coquillettes au jambon avant de les ravaler parce que je serrais les dents, je dois continuer de sourire !

Alors j’avoue que quand je vois un poster de Marilyn ou Bettie Page (oui je les prends pour exemple parce qu’elles ressortent beaucoup dans les discours ces deux-là) ça m’arrive de me dire « qu’est ce qu’elles sont bienveillantes !!! ».

D’ailleurs la dernière fois que j’ai été dans un bar avec ma petite robe noire un charmant monsieur m’a dit que j’étais sacrément bienveillante ! Comme quoi.

Passons. La bienveillance ? Sûrement le nom de la sauce sensée accompagner le menu que je lis parfois sous les photos des élues, entre brochette de thons et boudins.

Alors je vous rassure on y passe toutes ! Ah oui oui ! Toutes. Le boudin blanc de 2016, c’est moi ! Bon mon amour-propre a un peu morflé, l’auto-dérision m’a sauvée. En toute honnêteté, j’en ai vu, lu et entendu.

J’ai eu beau chanter en toutes les langues « Attention ! Ne sympathisez pas trop dans l’immédiat, vous verrez sur qui vous pourrez compter APRES l’élection » bah c’était un peu comme de pisser dans un violon !

Donc, forcément, certaines personnalités se révèlent, les clans explosent et les animosités se décuplent.

Bien sûr que l’on peut faire de belles rencontres sur ces élections ! J’en suis la preuve vivante, des amitiés solides et de jolies anecdotes se sont dessinées dans ces loges. Mais, pas que.

« Je me suis inscrite pour faire la rencontre de personnes passionnées comme moi. »

MOUAIS…

Après, je n’ai pas la science infuse, mais je peux vous donner au moins une dizaine d’autres moyens de rencontrer des gens qui ont la même passion que vous, et ce, sans avoir à traverser la moitié de la France, vendre un rein pour une robe de soirée, ni vous déclencher des insomnies ou un gros mal de bide dû au stress!

Mais, je n’ai pas la science infuse je répète ! On s’inscrit toutes pour la même raison : le challenge.

« Je suis trop petite pour Miss France, trop vieille pour miss Petite, trop jeune pour super Mamie, pas assez ronde pour Miss Ronde. Et si j’avais l’étoffe d’une Miss Pin’Up ? »

« Est-ce que moi aussi je pourrais être la meilleure dans un domaine, un domaine que je connais et que j’aime ? » Voilà ce que j’ai pensé.

On se lance à corps perdu dans ce nouveau défi, on se donne les moyens déjà de ne pas se décevoir et on se prête à rêver un peu: pourquoi pas moi pour une fois ?

L’hypocrisie, c’est de dire que l’on y va pas dans l’espoir de gagner. Pourquoi s’endetter sur 6 mois pour une robe qu’on ne portera qu’une fois (hors robe de mariée, j’entends bien) ?

Ce n’est pas un crime de vouloir se prouver des choses, de sortir de sa zone de confort et de vouloir montrer le meilleur de soit même.

Ce qu’il l’est, c’est de se mentir en disant que le verdict est injuste, car nous etions légitime, parce qu’on part gagnant.

La déception est humaine, mais la peur de l’échec et la remise en question reste à mon sens le meilleur des moteur pour se surpasser. Ce n’était peut-être pas votre heure ni le bon défi. Mais rabaisser les autres ne rend pas supérieur pour autant, croyez-moi.

Je me défends d’être empathe, mais tout ce que j’ai pu lire ou entendre ces dernières années m’ont un peu plus dégoûtée. Non pas du milieu, mais de l’humanité en général.

Je me suis donc détachée de l’humain en gardant le recul nécessaire pour faire les photos officielles du concours.

L’appareil me permettant tout de même malgré ma bonhomie, de conserver une distance. Mais même si je me sentais d’avantage protégée c’était sans compter sur une petite minorité de « confrères ».

Je me prends à nouveau la réalité du microcosme, le combat de celui qui sera le plus plébiscité recommence.

Je souligne qu’il s’agit d’une minorité car dans l’univers de la photographie, il y a vraiment de la place pour tous.

Nous avons tous des styles bien à nous et si nous ne faisons pas parti de la catégorie de ceux qui brandissent leur gros objectif tel un phallus pour montrer leur supériorité, nous savons reconnaître le beau dans les travaux de chacun, ce qui créé une solidarité et même, de belles amitiés entre nous.

J’ai eu cette chance et j’en suis reconnaissante.

Mais voilà que j’aspire sûrement à plus grand et plus sincère qu’un petit monde, j’embarque avec moi ce que j’ai pu récolter de plus sain: des amis sincères, des rires, de la volonté, de la maturité et surtout… La dévorante envie de leur prouver qu’ils ont tort.

Le rétro est un univers fabuleux qui comme pour tous les autres ne peut vous apporter que du positif si vous vous entourez des bonnes personnes, si vous restez vigilant et surtout vous-même.

Gardez à l’esprit tout de même que tout ce qui brille n’est pas d’or ! J’ai toujours rêvé de placer cette expression vielle de 350 ans dans un article.

Je vous écris dans l’ombre depuis le monde réel.

The Trust Maker

Crédit :

Photo couverture – Tiffany Fauvelle

Photo 1 – Tabatha Houguenague

Photo 2 – Bird Création

Photo 3 – Rock’n’Hell Photogrphy

Photo 7 – Laurent Caron

Photo 8 – Broche Lydie Cherry

Photo 10 – Solo Photographie

Publié par

2 réflexions au sujet de « J’ai vu, j’ai vaincu, j’en suis revenue »

  1. Il y a de la place pour tous les talents sous le soleil.
    Le tien, celui des autres… Continues de faire encore avec passion et sincérité. Tu es merveilleuse dans ce que tu fais, parce que tu es merveilleuse. Ne l’oublies pas !

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