Le corset ou le meilleur ennemi de la femme

Comme un écho à un précédent article, les femmes depuis la nuit des temps se plient à la mode et ont pour cela recours à quelques artifices allant du maquillage aux vêtements et surtout aux sous-vêtements.

Et en la matière, nous les pin’up, quand on parle de cet « engin de torture » ce n’est pas forcément du stiletto vertigineux ou du soutien-gorge à balconnet, mais bien du corset!

Certaines d’entre nous s’y sont essayées avec plus ou moins de succès et parfois, quelques moments de solitude (vous savez cet instant où vous faites tomber quelque chose au sol et que vous vous demandez si finalement vous n’allez pas le laisser où il est), quand d’autres, plus expertes, font du waist training un vrai mode de vie.

Mais comment tout a commencé et surtout, comment cet objet si peu confortable au commun des mortels a su rester l’objet de tous les fantasmes, aussi bien pour la personne qui l’admire, que celle qui le porte.

Voici un petit condensé de l’histoire du corset !

Le corset apparait à la Renaissance et nous vient de la cour d’Espagne, celui-ci était une image de « droiture » des femmes nobles qui le portaient. Il apparait en France dans la seconde moitié du XVIe siècle sous Henri II et Charles IX pour les femmes mais aussi… pour les hommes ! A cette époque la silhouette féminine est conique, la poitrine est aplatie mais il n’y a pas de réduction de taille ; le corset servait plutôt à « mettre en forme » le buste. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que le corset ait cette fonction affinante en donnant un aspect guindé et ce jusqu’au XVIIIe siècle où il disparaîtra totalement au profit du style empire inspiré des romaines avec ses longues robes fluides serrées sous le buste par de larges ceintures apportant du maintien à la poitrine.

C’est au début du XIXe siècle que le corset avec laçage et baleines (baleines qui portent d’ailleurs ce nom car les armatures étaient initialement fabriquées avec des os de baleine pour être finalement remplacés par de l’inox à partir de 1912) comme nous le connaissons voit le jour sous le nom de corset à la « Ninon » ou encore du « corset de divorce » qui ne séparait pas mari et femme, surtout à l’époque… juste les seins. On retient tout particulièrement un slogan dont les sujets cachés étaient les seins.

« Contient les forts, soutient les faibles, ramène les égarés. »

Progressivement jusqu’en 1850, la hauteur de la taille va s’abaisser et sa circonférence considérablement diminuer et ce, jusqu’à l’extrême…

A partir de 1860, la taille fine redevint un élément de séduction. C’est le début du corset edwardien. La taille devient extrêmement fine, les hanches et la poitrine sont rehaussées. L’effet esthétique est la fameuse « taille de guêpe ». L’ambition des filles était d’avoir à leur mariage, une taille n’excédant pas le nombre d’années de leur âge (le tour de taille était mesuré en pouces sachant que 1 pouce = 2,5 centimètres). Le tour de taille des élégantes varie de 46 à 60 cm…

The English Women’s Domestic Magazine dit : « Si vous voulez qu’une fille grandisse gentiment et de façon féminine suivant sa manière et ses sensations,  »lacez-la serrée » ». Le célèbre « lacez-la serrée » a souvent été cité comme preuve que les filles et les femmes de l’époque victorienne étaient forcées d’éprouver la douleur de l’écrasement des côtes comme méthode délibérée de l’oppression féminine. Comme de nos jours, les dictats de la mode véhiculés par la presse furent fatals à bon nombre de femmes, foudroyées dans leurs plus belles années, le foie perforé par les côtes.

Il faudra attendre les années 20 pour se libérer de cette cage ! Coco Chanel raccourcit les jupes, libère la taille, son but étant de promouvoir et satisfaire le confort des femmes. Des années 1930 aux années 1970 : le corset disparaît et, est remplacé par la gaine.

Oui, oui, je vous jure!

Et là, je vous entends déjà me dire :  » et Bettie Page? »

Mais dois-je vous rappeler dans quel contexte elle le portait ? 😉 Le corset est d’ailleurs toujours très présent, et ce depuis les années 30, dans l’érotisme mais fût également l’un des premiers objets à être traité comme fétichiste.

Vous l’aurez compris, le corset n’est pas l’accessoire indispensable à la pin’up, alors pourquoi le voit-on fleurir sur les sites de nos marques préférées à l’instar de What Katie Did ou Kiss Me Deadly ? J’ai surement un élément de réponse. Nous approcher de la silhouette idéale de cette époque.

Comme je vous l’ai déjà raconté, notre morphologie a changé, notre tour de taille a augmenté naturellement et progressivement au fil des générations. La taille fine des femmes des années 40 que Coco a tenté de faire oublier au profit d’une nouvelle liberté fût bien rapidement révélée … Par un homme bien sûr ! Christian Dior lance son « New Look », la femme retrouve une vraie taille. Il crée un style corseté, il souhaite créer « des femmes-fleurs, aux épaules douces, aux bustes épanouis, aux tailles fines comme des lianes et aux jupes larges comme des corolles ».

Aujourd’hui nous avons cette liberté de porter ou non ce corset qui de nos jours est certes bien plus confortable que ce que nos ancêtres ont connu. Il reste un objet résolument féminin, sensuel et élégant. Et même si aujourd’hui nous connaissons son histoire et les souffrances qu’il a pu provoquer, nous ne remercieront jamais assez Jean-Paul Gaultier ou encore Chantal Thomass de les avoir ré-inventés pour nous sublimer et faire tourner quelques têtes.

The Trust Maker

Dernière photo et photo de couverture modèle Lily Bellule

Publié par

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :