La part d’ombre de votre rouge à lèvres

Quelle pin-up digne de ce nom pourrait se passer de cet indispensable de sa trousse de maquillage ? « Une bouche rouge », voilà l’une des premières choses que répond votre entourage lorsqu’on lui demande de parler de vous.

Vous vous en doutiez, sans vraiment le réaliser, tout ce qui se pose sur vos lèvres finit dans votre estomac…

Et voilà, c’est reparti, elle va encore nous faire des blagues cochonnes la Bambi !

J’ai rien dit, c’est vous qui avez commencé…

Reprenons donc et ne soyez pas trop dissipé.es.

Ce qui est sur vos lèvres finit inévitablement dans votre estomac et, par extension, dans votre sang et vos organes. Mais puisqu’on ne peut clairement pas se passer de notre tube de rouge à lèvres, même si le port du masque nous a obligées à moins en mettre, voyons ce que contient ce cosmétique et comment limiter les risques sur notre santé.

Comment se compose un rouge à lèvres ?

Du gras, pour le côté onctueux et nourrissant.

Premier ingrédient controversé entrant dans la composition de votre rouge à lèvres : les huiles synthétiques telles que l’huile de paraffine, une substance pétrochimique fabriquée avec du pétrole, présentant des risques connus pour votre santé.

Pour la petite histoire, et pour briller dans les repas de famille chiants où vous devez détendre l’atmosphère entre les blagues racistes de tonton Jacky et la crise de nerf de Mémé parce que la sauce du rôti est dégueulasse, il est utile de sortir votre science en annonçant que la commercialisation et l’utilisation de graisse de baleine est interdite depuis 1986. On préfère l’huile de foie de requin, cette racaille des océans qui, semble-t’il, mérite de finir dans des cosmétiques, lui… Traquez la mention « squalane » dans la liste des ingrédients, ça se traduit par « Gang de Requins » !

Le traumatisme causé par Steven Spielberg et ses « Dents de la mer » est compréhensible mais il ne devrait pas autoriser à détruire une espèce animale. Regardez où en est la population des dinosaures depuis « Jurassic Park » par exemple… Spielberg est le gourou d’une secte anti-créatures pleines de dents ! J’ai peur que les orthodontistes ne survivent pas non plus à cette crise !

On boycotte donc les huiles synthétiques et animales.

Mise à part pour la « castor oil »… C’est pas du vrai castor dedans, c’est juste la façon bizarre de nommer l’huile de ricin, obtenue à partir de graines de ricin. C’est pas un animal du tout du tout.

Voilà, choisissez plutôt votre rouge à lèvres à base de cette huile ou de jojoba.

(Crédit: Mickaël Rius)

Des cires, pour que le bâton fonde sur vos lèvres mais pas dans son tube.

C’est vous qui faites des amalgames seksouels encore, j’ai rien dit là…

Donc, qu’est-ce que je disais ?

Ah oui, des cires ! Issues de l’industrie pétrochimique une fois de plus, ainsi que des hydrocarbures. Ces produits se cachent sous les mentions « synthetic wax », « microcrystalline wax » ou encore « polymer », « polyéthylène », « parafin », « ozokérite ». Ce sont les cires synthétiques les plus courantes, des plastiques sous forme liquide en somme. Cancérigènes, ce sont de redoutables perturbateurs endocriniens. Ils auront des effets néfastes sur votre système hormonal et sur votre fertilité. J’aurais su ça plus tôt, j’aurais mangé mon Rouge Dior 999 au lieu de perdre mon temps chez le gynéco pour avoir une ordonnance de pilule.

Dans les compositions naturelles en revanche, vous trouverez de la cire végétale à base de candelia, de coco ou de jojoba.

Mention aux vegans : certaines cires naturelles sont « animales », notamment la cire d’abeilles. À vous de discuter de ça avec votre éthique dans le cas présent.

Des conservateurs, difficilement évitables.

Là encore, il y a deux possibilités.

La solution chimique telle que les fameux parabens. Donc pétrole, donc plastique, donc perturbateurs endocriniens, donc pas de bébé, donc la tranquillité. Vous avez compris le schéma.

La solution naturelle : tout simplement les vitamines C et E provenant d’huiles végétales.

Des colorants, parce qu’un rouge incolore ce ne serait pas trop trop utile en fait.

Pour ne pas se compliquer l’industrie, de nombreux laboratoires se tournent vers les colorants synthétiques, bien moins chers que les naturels. Oxyde de fer. Phosphate de Manganèse.

Alors que la nature offre des centaines de sources de pigments de couleurs d’origine végétale. Mais voilà, leurs coûts peuvent être très élevés et les marques tiennent plus à leurs marges de bénéfices qu’à la santé des leurs client.es. On les excuse, c’est tout à leur honneur.

Des métaux, encore, sans aucune raison. Vraiment.

Parce que des résidus se sont retrouvés là à cause de toutes ces manipulations chimiques.

Ladies and Gentlemen, sous vos applaudissements, veuillez chaleureusement accueillir du bout des lèvres le plomb, le chrome, l’aluminium, le cadmium et le manganèse. C’est buffet à volonté parmi les marques de rouge à lèvres les plus populaires. Profitez-en, le menu sans enfant pour la vie est offert.

(Crédit: Mickaël Rius)

Difficile de toujours bien comprendre la composition d’un produit simplement en lisant la liste des ingrédients, les industriels semblant d’ailleurs prendre un malin plaisir à abuser des mots illisibles pour qu’on ne sache pas vraiment ce qu’on se tartine sur le corps. Surtout que, comme moi, vous avez préféré regarder fixement votre crush du lycée pendant les heures de physique-chimie plutôt que d’essayer de comprendre ce que disait votre prof sénile.

Alléluia, des applications sont là aujourd’hui pour vous aider… Non pas pour enfin attirer l’attention de Kevin, c’est mort, vous l’avez fait flipper : il a fini par se marier et a fait trois mômes avec une meuf beaucoup plus moche que vous, mais avec plus de nichons aussi. L’application Yuka, par exemple, va détailler pour vous la composition de vos cosmétiques en scannant le code-barre. Yuka soulignera les produits nocifs et vous proposera des alternatives plus saines.

La cosmétique bio n’ayant plus la réputation d’être moins efficace que ses homologues chimiques, penchez-vous vers ce choix. J’ai été très agréablement surprise. Les rouges à lèvres bio, et souvent vegans, sont plus crémeux, plus hydratants et ont une gamme de coloris plus vaste ainsi qu’une meilleure tenue qu’il y a quelques années.

Enfin, si vraiment vous avez votre rouge fétiche dont vous ne pouvez pas vous passer, malgré sa composition déplorable, préférez sa version mat qui sèche plus rapidement sur les lèvres et limite l’ingestion. Pensez à ôter le surplus à la lisière de vos lèvres, presque à l’intérieur de votre bouche, afin d’éviter d’ingérer inutilement l’excès de produit et, par la même occasion, d’en avoir sur les dents.

D’ailleurs, faites-le aussi avec votre rouge à lèvres bio : c’est pas parce que vous pouvez le manger que c’est plus classe d’en avoir sur les dents.

Bambi Freckles’s

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