Simone Signoret

« Je suis née un soir de mars 1941, sur une banquette du Café de Flore. »

Simone Kaminker, qui ne s’appelle pas encore Signoret, voit le jour en Allemagne en 1921, fille d’un traducteur juif polonais, et de Georgette Signoret, une française d’origine provençale et catholique. Elle a 2 ans quand la famille s’installe à Paris, elle poursuit ses études jusqu’au baccalauréat. Durant son adolescence à Neuilly, la jeune fille évolue dans un milieu bourgeois et reçoit une éducation classique qui ne semblent pas la destiner à monter sur les planches. Son père disparaît en 1940, lorsque les Allemands occupent la capitale. La famille apprendra plus tard qu’il avait rejoint la France libre à Londres. À 19 ans, pour ne pas « crever de faim » , elle donne des cours d’anglais et devient sténodactylo. Simone s’installe alors à Saint-Germain-des-Prés et fréquente les cafés : « Je suis née (…) un soir de mars 1941 sur une banquette du Café de Flore. » La rencontre d’une bande d’amis issus du groupe Octobre (→ Jacques Prévert), une troupe de théâtre ouvrier, va initier sa carrière d’artiste et contribuer à forger ses opinions politiques. Elle obtient durant l’Occupation, et malgré une ascendance demi-juive qui l’oblige à changer de nom, plusieurs rôles de figuration, notamment dans les Visiteurs du soir et Adieu Léonard.

Portrait de Simone Signoret en 1947, par le studio Harcourt

En 1943, Simone Signoret rencontre Yves Allégret, alors jeune réalisateur inconnu. Le cinéaste la met en scène à plusieurs reprises ; la carrière de Signoret est lancée. Elle excelle dans les rôles de garces et de prostituées, notamment dans La Ronde de Max Ophuls (1950) où cette image est employée avec élégance. Mais surtout avec son rôle emblématique dans Casque d’Or de Jacques Becker en 1951, son film symbole devenu un grand classique du cinéma français, où elle incarne une demi-mondaine submergée par l’amour, aux côtés de Serge Reggiani.

Casque d’Or de Jacques Becker, 1951
Aux côtés de Serge Reggiani, 1952 (coll. J. Becker)

Remariée avec l’acteur et chanteur Yves Montand, avec qui elle forme un couple mythique à la ville comme à l’écran, Simone Signoret devient une figure incontournable du septième art. Elle tient le rôle-titre dans Thérèse Raquin de Marcel Carné (1953) et livre une composition machiavélique dans Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot en 1955. Le film est un énorme succès. Elle endosse une nouvelle fois un rôle de prostituée dans La Mort en ce Jardin de Luis Buñuel (1956).

Portrait par le studio Harcourt, 1952

Signoret fait ses débuts au théâtre avec Yves Montand dans Les Sorcières de Salem en 1954. Cette pièce, une allégorie du maccarthysme signée Arthur Miller, est un tel triomphe qu’elle est adaptée au cinéma en 1957 par Raymond Rouleau sur un scénario de Jean-Paul Sartre. C’est une carrière internationale qui s’ouvre à elle… Maîtrisant parfaitement la langue anglaise, Simone Signoret obtient le premier rôle dans un film britannique, Les Chemins de la Haute Ville de Jack Clayton en 1958. Sa performance remarquable lui permet de remporter l’Oscar de la meilleure actrice en 1960 (elle est la deuxième actrice française à obtenir ce trophée après Claudette Colbert en 1935), mais également le prix BAFTA de la meilleure actrice étrangère, le Prix d’interprétation féminine à Cannes en 1959.

Quelques heures avant la remise de son oscar de la Meilleure Actrice pour son rôle dans Les Chemins de la Haute Ville, en 1960

Commence alors l’aventure américaine. Vient une inconnue, ou plutôt trop connue à l’équation : Marilyn… Qui fera l’objet d’une seconde partie sur la vie de Simone Signoret, à lire jeudi prochain.

Trixie Pearl

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