De la bourse au sac à main

Comment cet accessoire au départ utilitaire est devenu un véritable objet de mode…

Au milieu du siècle dernier, on ne le portait qu’à la messe le dimanche. Il ne contenait, au mieux, qu’un flacon d’eau de Cologne, un missel et un mouchoir, plus les femmes se sont émancipées, plus leur sac s’est alourdi. Il est l’accessoire féminin par excellence, lié à l’intimité de la femme, par son contenu, mais aussi, parce que durant des lustres, les contenants étaient des poches cachées sous les jupes, près du corps.

De la Rome antique à l’ère des croisades chrétiennes, la bourse à fermeture coulissée, portée à la taille, est utilisée aussi bien par les hommes que par les femmes. Elle a une vocation purement utilitaire : contenir de l’argent.

Le Moyen Age voit l’arrivée des aumônières, à cette époque où les plus pauvres demandent l’aumône dans les rues, les riches plongent parfois leur main non pas dans leur poche – leurs vêtements n’en comportent pas – mais dans leur petite bourse, pour y piocher une pièce. En ces temps religieux, des devises pieuses sont souvent cousues sur ces bourses où l’on range aussi mouchoir, chapelet, couteau et autres petits objets.

C’est au XIème siècle que le terme sac à main fait son apparition. Le mot sac tire son origine de l’hébreu sak, qui fait référence à une étoffe grossière composée de poils de chèvre. En anglais, le mot bag trouve son origine dans le terme baga, qui désigne en provençal tout ce qui se rapporte aux bagages.

La Renaissance voit l’apothéose de la bourse dans une profusion de perles de Venise et autres ornements d’or. Les siècles se succèdent, les modes changent. Au XVIIème, la bourse, le sac se cache, il s’attache par un cordon à la taille, et ce petit sac de soie brodée a pour principale fonction d’être le 1er déodorant rempli d’un potpourri de plantes, le but était de masquer les odeurs corporelles.

Vers 1790, les femmes se tournent vers la pochette, souvent rehaussée de broderies et de perles, appelée réticule, qu’on porte à la main. Les formes varient : rond, carré, avec pompons, en soie ou en perles, tenu par une chaîne… En 1860, le cuir devient la norme, développement des voyages, l’industrie du bagage connaît un véritable essor. On voit alors apparaître de plus en plus de sacs, de toutes tailles. Y compris des sacs à main conçus pour voyager. Confectionnés en cuir, ils sont plus solides que les précieux réticules du XVIIIème siècle.

Dès 1914, période de guerre et donc de restrictions, le cuir classique est trop rare. Les créateurs se tournent vers des espèces plus originales : peaux de reptiles, fourrures et plumes. Les Années folles apportent de nouvelles danses : charleston, tango et jazz. Pour ne pas s’encombrer d’un sac, la mode est aux mini sacs tenant dans la main. Les femmes adoptent aussi les minaudières, de petites boîtes luxueusement décorées dans lesquelles elles glissent poudre et miroir, et qui sont souvent dotées d’un anneau à passer au doigt pour mieux tenir à la main. En 1927, Lancel sortira l’emblématique sac sceau, (la maison l’a réédité dans les années 2000 sous le nom » 1er flirt. « ).

1940 guerre égale pénurie. A défaut de cuir, de Nylon ou de laine, les femmes optent pour des sacs en tissu, en paille ou en raphia, d’un aspect plus rustique. En 1947, Gucci fabrique, dans son arrière-boutique de Florence, en Italie, son premier sac à main, baptisé « Bamboo », ou « modèle 0633 », ce sac en cuir de porc est doté d’une anse en bambou incurvé et bruni. Il compte 140 pièces assemblées à la main.

1950, le sac brille de mille feux, c’est Hollywood, le sac s’affiche aux bras des stars. Le cuir verni est à la mode, sublimant à la perfection la beauté d’Ava Gardner.

En 1955, Coco Chanel a l’idée de rendre le sac élégant, lui vient l’idée de lui adjoindre une chaîne plus longue que ce qui se faisait jusqu’alors, permettant aux femmes de le porter non plus sur l’épaule, d’où il glisse, mais en bandoulière, et de rester libres de leurs mouvements.

Je terminerai par le plus célèbre, lorsque l’on parle sac à main de luxe, un nom est immédiatement évoqué, celui de la princesse Grace… Conçu en 1935 et au départ simplement baptisé le « sac à courroie » par Hermès, il devient réellement populaire en 1956, lorsqu’il apparaît tenu par Grace Kelly devant son ventre, alors qu’elle tente de dissimuler sa grossesse. Modèle très recherché, le Kelly d’Hermès est commercialisé à partir de 3.500 euros…

Au fil des siècles le sac n’a cessé d’évoluer et évolue encore, que ce soit en forme et matière, nous avons désormais l’embarras du choix pour accessoiriser nos tenues, toutes les couleurs, que ce soit pour aller au travail, au marché ou en soirée, et (avec humour), il y a des modèles pour toutes les bourses !!!

Trixie Pearl

Relecture : Lady Honey Doll

Photo de couverture Mademoiselle Gisèle

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